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Agences-Placement

Travailler en intérim en Suisse

Général · 16 mai 2026 · 3 min de lecture

L'intérim, ou « location de services », est l'une des principales portes d'entrée sur le marché suisse de l'emploi. Bien encadré par une convention collective stricte, il permet aux travailleurs d'enchaîner les missions tout en bénéficiant de droits sociaux solides — souvent supérieurs à ce que les nouveaux arrivants imaginent. Voici tout ce qu'il faut savoir pour en faire un véritable tremplin.

Travailler en intérim en Suisse : guide pratique 2026

Le cadre légal

L'intérim en Suisse est régi par deux textes principaux :

  • La Loi fédérale sur le service de l'emploi et la location de services (LSE), qui définit les agences autorisées et leurs obligations
  • La CCT Location de services, convention collective rendue obligatoire et applicable à tous les employés intérimaires

L'agence est votre employeur juridique : c'est elle qui vous verse le salaire, déclare vos cotisations et établit les certificats. L'entreprise utilisatrice reste responsable des conditions de travail effectives (sécurité, horaires, encadrement).

La rémunération

Un salarié intérimaire doit toucher au moins le salaire usuel de la branche dans le canton concerné. Concrètement :

  • Le brut horaire est aligné sur celui des employés fixes occupant la même fonction
  • Les vacances sont rémunérées séparément (8,33 % pour 4 semaines, 10,64 % pour 5 semaines)
  • Le 13e salaire est versé au prorata (8,33 % du brut)
  • Les jours fériés sont payés selon le canton
  • Les heures supplémentaires sont majorées de 25 %

Demandez toujours un décompte détaillé avec ces lignes séparées. Une fiche de salaire qui mélange tout cache souvent des erreurs.

Les avantages cachés

Au-delà du salaire, l'intérim offre plusieurs leviers de progression :

  • Découverte de plusieurs entreprises en peu de temps, ce qui élargit votre réseau et votre CV
  • Montée en compétences rapide : chaque mission est une nouvelle exposition à des outils, méthodes et cultures différents
  • Évaluation mutuelle : 60 à 70 % des missions intérimaires longues débouchent sur un CDI dans la même entreprise
  • Flexibilité géographique : facile de tester un canton ou une ville sans engagement définitif
  • Visibilité auprès des agences : les bons éléments sont rappelés en priorité pour les missions futures

Les droits sociaux

Un point méconnu : un intérimaire dispose des mêmes droits sociaux qu'un salarié fixe.

  • AVS, AI, APG, AC (1er pilier) : cotisations identiques
  • LPP (2e pilier) : obligatoire dès une mission de plus de 3 mois ou dès un salaire annualisé > 22 050 CHF
  • Assurance accidents (LAA) : entièrement à charge de l'agence
  • Assurance maladie perte de gain : prévue par la CCT, en général 80 % du salaire après un délai d'attente
  • Allocations familiales : versées selon le canton de domicile

Gardez tous vos certificats de salaire : ils alimentent vos droits à la retraite et au chômage.

Choisir et négocier sa mission

Ne signez pas la première mission proposée par défaut. Quelques règles :

  • Renseignez-vous sur l'entreprise utilisatrice : avis Glassdoor, taux de transformation des missions intérimaires en CDI, ambiance générale
  • Vérifiez la durée prévisible et la possibilité de prolongation
  • Validez le taux horaire par rapport au marché (un intérimaire IT à 55 CHF/h en région genevoise est sous-payé, par exemple)
  • Demandez les conditions d'évaluation : qui décide d'une éventuelle embauche, sur quels critères, sur quelle durée

Une mauvaise mission vous fait perdre 3 à 6 mois. Une bonne mission peut transformer votre carrière.

Transformer une mission en CDI

C'est l'objectif idéal de nombreux intérimaires. Les leviers concrets :

  1. Performer dès la première semaine : la décision se prend souvent dans les 30 premiers jours
  2. Multiplier les contacts internes au-delà de votre équipe immédiate
  3. Signaler clairement votre intérêt au manager (sans agressivité) après 2 ou 3 mois
  4. Aider sur les sujets non strictement liés à votre mission de départ
  5. Documenter vos résultats pour faciliter la décision interne

À noter : l'entreprise utilisatrice peut devoir verser une commission de transfert à l'agence (généralement 15 à 25 % du salaire annuel). Ce coût se négocie et peut être intégré dans votre package final.